Descente de l’Andelle – 20 mai 2018

Participants : Baptiste, Sophie, Nadège, Wilfried, Maryse, Gilles, Sébastien
Rédacteur : Sébastien

La surprise (?) de l’Andelle

Nous partons en Haute-Normandie près de Rouen pour une descente de rivière sur l’Andelle, un affluent de la Seine.

Dans la voiture, Maryse attise notre curiosité avec une « surprise » qui nous attend en fin de parcours sur la rivière. Les conjectures vont bon train : saut ? grosse vague ? passage dans la vase ? Il va nous falloir parcourir la rivière pour savoir.

Il fait encore un peu frais mais Baptiste commande le soleil et il fera beau tout l’après-midi.
Embarquement au lieu-dit Le Petit Nojéon, à l’aval de Fleury-sur-Andelle (entrée du chemin à côté des pneus Brunel).

Le parcours sous les aulnes est très joli et joueur, avec régulièrement un vannage de petit barrage à passer, un château ou un bâtiment remarquable à observer, témoins du riche passé industriel de la région. Des ingénieurs en hydraulique ont détourné le lit de la rivière, construit des barrages et conçu des machines pour exploiter la puissance du cours d’eau.

Notamment, nombreux moulins à foulon sur le parcours. Ces moulins servaient à fabriquer des pièces de drap : des marteaux appelés foulons, et mus par une roue à aube entraînée par la force du courant, frappaient des pièces de laine placées dans une auge. Sous l’action pendant plusieurs heures des maillets en bois munis de dents, les fibres se resserraient et s’imbriquaient, provoquant le feutrage de la laine.

Le parcours

Le niveau d’eau est juste assez bas pour que l’on passe sous certains ponts. Nombreux papillons et libellules, et de grands iris jaunes tardifs.

0.6 km : premier barrage.

2.0 km : passerelle basse, les grands passent tout juste.

2.5 km : rapide de Radepont puis petit seuil sous trois arches en briques. Nous passons devant le château de Radepont, au sommet duquel flotte un drapeau russe (??). Au XIXe s., les propriétaires de la filature Levavasseur que nous verrons plus tard, demandent à l’entreprise Eiffel de construire un château de style néo-Louis XIII (la charpente est composée de poutres métalliques rivetées « Eiffel » !). Après avoir été légué par le dernier propriétaire sans héritier, à l’Armée du Salut qui en avait fait un centre d’hébergement, le château a été vendu par l’Armée du Salut en 2013 à un propriétaire privé… russe.

3.7 km : pont de l’abbaye de Fontaine-Guérard. L’abbaye, partiellement restaurée, est superbe. Nous débarquons peu après car seul Baptiste pourrait passer sous le pont… en rampant. Nous portons Nadège puis Wilfried dans leur kayak, sur le parapet en pierre, et ils sautent du pont d’une hauteur de 2-3m. Les autres embarquent tranquillement sur la rive.

4.0 km : petit portage obligatoire à la filature Levavasseur. Ce bâtiment pittoresque, décrite comme une cathédrale industrielle, est construit comme une cathédrale en briques, avec 4 tours de 38m et des fenêtres gigantesques en ogive. C’était au milieu du XIXe siècle une filature de laine, de coton et une manufacture de draps, conservée à l’état de ruine depuis son incendie en 1874.

5.5 km : passage d’un seuil à l’ancien barrage au moulin de Douville. Jeu dans la belle vague pour les initiés.

7.0 km : nous passons sous un pont à Pont-Saint-Pierre puis prenons une des trois portes du barrage Poteau. Dans ces environs, nous apercevons le château de Longempré.

7.5 km : rapide du Moulin Pouchet à Romilly-sur-Andelle. Nous passons à côté de l’ancienne usine Perpignan (devenue verrerie) qui fondait du cuivre, du laiton et du bronze. A la fin du XVIIIe siècle, les fonderies de Romilly sont l’un des plus grands établissements industriels de France, d’importance stratégique. Les Français ont découvert que si les bateaux ennemis anglais étaient si rapides, c’était grâce à leur doublage de plaque de cuivre qui permet à la coque en bois de rester lisse, sans être couverte de coquillages qui ralentissent leur progression. Le cuivre était laminé en plaques à Romilly grâce à l’énergie hydraulique.

8.0 km : barrage Petit.

8.5 km : barrage de la Taillanderie. Baptiste abîme sa combinaison sur un hameçon de pêcheur qui pendait à un arbre.

8.75 km : enfin, la surprise ! Il s’agit d’un passage dans un tunnel de 50m au Moulin des Ponts sous l’usine GazFio SA (anciennement usine Briffault, spécialisée dans la conception de détendeurs et de régulateurs de gaz). D’après Maryse, il nous aurait fallu emmener les lampes frontales. Nous empruntons le couloir de gauche car au milieu il y a un trou qui mène au centre de la Terre (toujours d’après Maryse). Certains s’étaient fait une montagne de cette surprise et sont un peu déçus du peu de difficulté. Mais ils ne sont pas passés au milieu…

9.25 km : barrage sans difficulté (ce qui ne m’a pas empêché de tomber à l’eau, et Wilfried également qui loupe son esquimautage) puis petit rapide en S.

10.25 km : à Pîtres, barrage de la Passe-Marinière. Spot pour s’amuser dans la vague.

11.5 km : petit rapide sous le pont de la D20 et belle accélération jusqu’à l’arrivée après un pont avec un parapet métallique rouge. J’en profite pour dessaler une nouvelle fois (4 fois en tout…) juste à l’arrivée ! Bravo à Sophie qui n’est pas tombée une seule fois.

La fin du parcours est située à 400m en amont de la confluence avec la Seine située juste en aval de l’écluse de Pitres et de l’imposant barrage de Poses sur la Seine.

Débarquement difficile sur une rive vaseuse et une forte pente bien boueuse. Gilles a sorti la corde pour hisser les kayaks dans la pente. Nous comptons sur la sortie du lendemain à Cergy pour terminer de nettoyer les kayaks pleins de vase…

Un beau parcours avec plein de choses à voir !

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